Impressions de voyage entre Marseille et Saïgon.
- Jour 1:
Après le départ de Marseille en fin d’après-midi et l’installation dans la cabine, je me suis familiarisée avec les installations notamment, les salles de bain réservées aux femmes et ai fait la connaissance de la personne avec laquelle je partage la cabine.
Pour mon premier repas à bord, l’appétit me manquait, gagnée par la fatigue du voyage en train des jours précédents mais, également, impressionnée par le cadre des différentes salles communes du bateau et de la disponibilité de son personnel.
- Jour 2 :
Ce matin le paquebot est passé entre la Corse et la Sardaigne. Sous le soleil, une végétation verdoyante offre un paysage attractif.
- Jour 3 :
Le paquebot a contourné le Stromboli, d’où s’échappaient des fumées de son cratère. Il n’y avait aucune projection dans les airs, seulement un versant où la végétation avait été brûlée par les coulées de boues incandescentes qui descendent jusqu’à la mer.
Ensuite, le paquebot s’est engagé dans le détroit de Messine, où le soleil magnifie les paysages sauvages de la côte.
- Jour 5 :
L’arrivée à Port-Saïd se profile à l’horizon. Je vais en profiter pour vous adresser une carte postale de « l’Armand Dehic » avec quelques commentaires sur mes premières impressions.
Je suis descendue à terre avec Andrée, la personne qui partage la cabine, avec moi et, quelle ne fût pas notre surprise de découvrir une succursale des magasins du « printemps ».
Le paquebot a été envahi par une multitude de marchands proposant des babioles de plus ou moins bons goût.
Quel spectacle de voir la dextérité des prestidigitateurs pour faire disparaître ou réapparaître un poussin! Chaque manipulation était ponctuée d’un « gali-gali » suscitant l’émerveillement de l’assistance.
La chaleur nous a saisi et, d’après les « anciens ce n’est qu’un début.»
Le paquebot a lâché ses amarres pour s’engager dans le canal. Son avancée se fait lentement entre deux bandes de désert interrompues, de temps en temps, par un regroupement d’habitations.
Quel étonnement de constater que la nuit tombe rapidement; à six heures il fait nuit.
Le canal débouche dans la mer rouge, pourquoi ce qualificatif alors que sa couleur est semblable à celle de toute autre mer?
- Jour 8 :
Le débarquement à Djibouti où je vais en profiter pour poster une carte du canal de Suez.
Outre l’animation assurée par les marchands montés à bord, mon intérêt s’est porté vers ces petits indigènes qui plongent au flanc du bâteau pour récupérer les pièces jetées des bastingages par les passagers.
Pour descendre à terre nous avons dû emprunter une barque. La végétation est aride et les mouches ne manquent pas.
- Jour 9 – 16 :
Il est habituel qu’entre Djibouti et Colombo des animations nocturnes soient organisées pour rompre la monotonie du voyage.
Tombola, jeux de société sont proposés comme attractions d’un soir puis le lendemain, il est souvent proposé un bal costumé.
Ces réjouissances ont pour effet de mélanger tous les passagers quel que soient leur appartenance. (Première classe, seconde classe se mélangent)
La traversée de l’océan indien se passe sans encombres, les mouvements du bâteau, tangage ou roulis sont modérés. Colombo est annoncé pour demain.
- Jour 18 :
À Colombo, le bateau s’accoste aux quais.
Nous échappons à un débarquement à partir de barques.
Nous nous étions inscrites avec ma partenaire de Cabine, à une visite de Colombo en voiture. Elle a voulu se rendre au jardin botanique puis ses environs où j’ai pu admirer la nature.
La végétation est très fournie.
Oh, quel changement avec ce que nous avons vu jusqu’ici., il y a une luxuriante végétation. De tous cotés nous découvrons avec des yeux émerveillés des arbres à fleurs et à fruits, de jolies prairies avec quantités de troupeaux paisibles et des bananiers, papayers, cocotiers, dattiers..
Les femmes portent une espèce de jupe faite d’une étoffe de couleur voyante roulée autour de la taille et un « casaquin » blanc sans rien dessous. Certaines d’entre elles sont assez jolies. La visite de la ville, s’est achevée par un temple Bouddhiste.
- Jour 23 :
L’escale à Singapore, s’est déroulée sous une chaleur humide.
Une excursion en pousse-pousse, était programmée et j’ai été étonné de voir cet homme tirer cet engin à deux roues.
Manifestement, ce service a supplanté « le palanquin ». Une communauté chinoise et si l’on se réfère au cimetière musulman, ces deux communautés semblent conséquentes.
Jour 26 :
Après le Cap Saint-Jacques nous nous engageons dans la rivière de Saïgon que le bateau remonte piloté par un spécialiste de ce cours d’eau. Le bâteau est gagné par l’agitation des passagers dont le voyage prend fin à Saïgon.
Après deux jours passées à quai, le bateau reprend sa route vers Haiphong.


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