4.2.3 Mesures et controverses : alcoolisme en milieu rural

L’alcoolisme en milieu rural entre 1900-1950

Les parents boivent les enfants trinquent

L’alcoolisme en milieu rural en France a représenté un problème majeur jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce phénomène social, particulièrement visible dans les zones rurales, a commencé à être abordé de manière plus systématique par les autorités uniquement après cette période.

  1. Contexte historique et social

1.1. Le début du XXe siècle et la situation avant 1945
Avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’alcoolisme en milieu rural était essentiellement combattu par des ligues anti-alcooliques. Ces groupes militent pour une réduction de la consommation d’alcool, mais leurs efforts étaient souvent contrecarrés par des conditions socio-économiques défavorables.

1.2. Les causes sous-jacentes du fléau
Les partis politiques représentant les couches défavorisées de la population jugeaient que les causes profondes de l’alcoolisme, telles que la pauvreté et les conditions de vie précaires, n’étaient pas abordées. Dans des communes comme Guernes, où les faibles salaires des journaliers, l’habitat précaire, l’isolement du village, et l’absence de lieux de rencontre contribuaient à une consommation excessive d’alcool, l’alcoolisme se révélait être un problème enraciné dans les réalités économiques et sociales.

  1. L’impact de l’alcoolisme sur les communautés rurales

2.1. Les conséquences sociales et individuelles
L’alcoolisme ne détruit pas seulement les individus et leurs familles, mais affaiblit également le tissu social dans son ensemble. Les conséquences dramatiques de cette addiction incluent des comportements inappropriés et agressifs, exacerbant les tensions sociales et affectant la cohésion communautaire.

2.2. L’environnement propice à l’alcoolisme
À Guernes, la présence de quatre débits de boissons pour une population de cinq à huit cents habitants jusqu’aux années 1960 témoigne d’un environnement où l’alcool était omniprésent. La consommation régulière et excessive d’alcool était facilitée par le manque d’alternatives sociales et récréatives.

  1. Les mesures et les controverses

3.1. Les mesures prises pour contrer l’alcoolisme
Diverses mesures telles que l’arrachage des pieds de vigne, l’augmentation des taxes sur l’alcool et des tentatives pour améliorer la qualité de la production vinicole ont été mises en place. Toutefois, ces actions ont eu un effet limité, en grande partie parce qu’elles ne s’attaquaient pas aux racines du problème, comme les conditions de vie précaires.

3.2. Les réactions et controverses
La réponse à l’alcoolisme a suscité des débats importants. Certaines personnes appelaient à une action directe pour limiter la consommation, tandis que d’autres préconisaient une politique de « laissez-faire ». La propagande contre l’alcool était parfois perçue avec scepticisme, indifférence ou dédain, ce qui a limité son efficacité.

  1. Témoignages et observations personnelles

4.1. Des exemples de dépendance à l’alcool
Des habitants tels que Lucas, Marius, et d’autres dont les noms restent partiellement mémorisés, ont été des exemples notables de la dépendance à l’alcool dans le village. Les histoires de ces individus illustrent les conséquences personnelles et sociales de l’alcoolisme.

4.2. L’impact sur les familles
Les ancêtres de la famille Bréant, par exemple, comprenaient des journaliers dont les habitudes de consommation d’alcool les ont conduit à des démêlés avec la justice. Ces cas montrent comment l’alcoolisme pouvait influencer négativement non seulement les individus mais aussi les dynasties familiales.