Les Fratries

Personnalité et relations familiales.

Pour comprendre le degré d’intimité dans les relations familiales de chacun des membres de la fratrie, il est pertinent de réfléchir sur la personnalité de celles et ceux qui la composent.
En premier lieu, la personnalité d’un enfant est déterminé en partie par son positionnement dans la fratrie.
Il est bien naturel que l’attente des parents est plus forte vis à vis de l’aîné que du dernier ou de la dernière.
Suivant le sexe de l’enfant, les souhaits des parents ne sont pas comparable.
Dans une fratrie de sept, l’enfant positionné au quatrième rang peut avoir exercé un rôle différent selon ses inter-actions avec les trois premiers et les trois derniers membres de la fratrie.

Ainsi, il semblerait que notre sœur, Marie-Hélène, ait bénéficié de moins de pression que ses trois aînés notamment, Philippe et Jacqueline.
Lors de notre séjour à Vientiane, Marie-Hélène s’est trouvée en première ligne, vis-à-vis des trois derniers, se voyant attribuer des responsabilités, vis à vis de ses frères.
Toutefois, une compétition discrète existait avec Pierre dont, l’écart d’âge n’était que de deux ans et la précocité en matière scolaire pouvaient l’inciter à contester voire à rejeter les responsabilités de Marie-Hélène.
Je me souviens d’un châtiment infligé par notre père à. Pierre, lorsque nous étions à Vientiane. Si, je m’en tiens au choix du châtiment, la faute commise en l’absence de nos parents devait avoir été grave.
Je pense que le fonds de la relation entre Marie-Hélène et Pierre, s’explique par le relationnel de cette époque.
La bienveillance de Marie-Hélène à l’égard d’Alain et moi ne prêtait à aucune contestation mais, il en allait autrement avec Pierre, elle ne boudait pas son plaisir de voir son frère, chargé de jeter, les restes de notre repas du soir au fonds du jardin, alors que les bruits de toute nature suscitaient des émotions de crainte et que, parfois, le lendemain matin, Pierre se faisait sermonner parce qu’il s’était contenté de répandre les déchets alimentaires à proximité de la maison.
Ce rôle spécifique confié à Marie-Hélène , s’estompait lorsque la fratrie se retrouvait au complet, elle reprenait sa place d’observatrice entre les trois premiers et les trois derniers.
Ce relationnel au sein de la fratrie, dépendait, également, de la personnalité individuelle de chacun de ses membres et de la gestion parentale qui a évolué avec le temps.
De meilleurs possibilités financières ont modifié les attentes de nos parents et les possibilités d’accès à des formations professionnelles nouvelles.
Aspect individuel:
Si, nos deux sœurs avaient des caractères altruistes, Jacqueline manifestait un rôle protecteur plus aiguisé à l’égard des derniers. Elle osait braver discrètement, les ordres de son père alors que Marie-Hélène, plus jeune de six ans, semblait bloquée. Elle appréciait se rapprocher de sa mère afin mieux sentir sa protection.
Dans la maison du bas à Guernes, dans la chambre réservée aux filles, Marie-Hélène avait son coin garni de poupées. C’était son bien et, il était interdit d’y toucher.
Marie-Hélène pouvait être serviable mais était très attentive à préserver ce qu’elle considérait comme son bien. Ses jeux préférés étaient le croquet et le mikado. Pas de victoire triomphante, beaucoup de discrétion et d’intériorité. Toutefois beaucoup d’émotions qui limitaient son aisance et l’incitait à se rapprocher de sa mère quand celle-ci était à ses côtés, et de sa sœur Jacqueline ou de son frère aîné quand notre mère se trouvait éloignée.

Cet éloignement, Marie-Hélène a été forcée de s’y plier, lorsqu’elle est restée en Métropole pour suivre une formation de secrétariat. En 1956, elle laissait la famille avec les trois derniers regagner Saïgon.
Ce fût difficile mais Marie-Hélène a pu compter sur la présence de sa sœur Jacqueline.

La séparation a été difficile aussi bien pour Marie-Hélène que pour sa mère.

Livret de famille