Expressions artistiques

L’exploitation de la culture de l’hévéa.
L’exploitation de l’hévéa a donné lieu à la mise en place de plantations qui se sont développées en Cochinchine et au Cambodge.


Gérées par des Sociétés dont les plus connues sont « les Plantations des Terres Rouges »
Ces sociétés ont fait appel à une main d’œuvre qui, sur site, était rare et qu’il a fallu faire venir principalement du Tonkin.
Ces sociétés faisaient appel à des recruteurs qui n’avaient guère de scrupules et laissaient croire à des conditions d’hébergement, de travail qui n’étaient pas respectées.
Ainsi, les frais d’hébergement à la charge de l’ouvrier venaient en déduction des salaires annoncées.
Les accidents liés à des conditions de travail déplorables donnaient lieu à des retenues sur salaires en rapport avec le loyer.

Il en résultait des conditions de vie intolérables qui, incitaient les malheureux annamites transplantés à fuir mais, la chasse leur était faite pour qu’ils reprennent leur place sur la plantation.
Phu Van Tran dans la réalisation de tableaux mettant en exergue, les saignées sur les troncs des hévéas établit un parallèle avec la souffrance de ces correlégionnaires.


Mais qui était Phu van Tran?
Phu Van Tran, également connu sous le nom de Thu-Van Tran, est un artiste contemporain d’origine vietnamienne qui vit et travaille à Paris.

Il a acquis une renommée internationale grâce à ses œuvres engagées, souvent centrées sur des thèmes liés au colonialisme, à la mémoire et à l’histoire, en particulier celle de la période coloniale au Vietnam.

En 2021, il a participé à l’exposition « Globale Résistance » au Centre Pompidou à Paris. Cette exposition réunissait des artistes du Sud global, explorant les liens entre l’art et l’activisme. Les œuvres de Tran présentées dans ce cadre s’attachaient à critiquer l’héritage du colonialisme.

Par exemple, l’une de ses œuvres majeures, « The Red Rubber » (2017),

évoquait l’exploitation coloniale dans les plantations de caoutchouc Michelin au Vietnam sous domination française
Tran est reconnu sur la scène internationale et a été finaliste pour des prix prestigieux, comme le Prix Marcel Duchamp en 2018. Cependant, sa relation avec le Vietnam reste ambiguë. Bien qu’il soit profondément inspiré par son héritage vietnamien et critique l’histoire coloniale, il semble davantage intégré à la scène artistique européenne. Son travail, souvent provocateur et critique, pourrait le placer en marge de l’art soutenu par le gouvernement vietnamien, qui tend à privilégier des œuvres plus traditionnelles ou nationalistes.

Tran est surtout exposé en France et à l’étranger, avec des expositions majeures non seulement au Centre Pompidou, mais aussi aux États-Unis, notamment au Carnegie Museum of Art et à la Bourse de Commerce / Pinault Collection à Paris, Phu Van Tran est un artiste de grande envergure, à la croisée des identités franco-vietnamienne, avec une réflexion sur l’histoire et la mémoire, bien qu’il semble évoluer en dehors des cadres artistiques traditionnels du Vietnam.