6.2.3 La formation des « lettrés »

Avant le protectorat, français, le Tonkin était doté d’un système éducatif basé principalement sur les traditions éducatives confucéennes influencées par la culture chinoise.
Les principaux aspects de ce système éducatif consistaient:

La formation d’une élite lettrée capable de servir dans l’administration impériale portait sur une étude approfondie des classiques confucéens qui comprenaient quatre livres classiques et les cinq livres canoniques.
Le but, former des élites moralement vertueuses capable de gouverner selon des principes de la morale confucéenne.
La portée sociale de cette éducation était restreinte dans la mesure où elle ne concernait qu’un faible pourcentage de la population: les enfants de famille riche et de sexe masculin. Le précepteur était particulier.

Les quatre livres:

  1. Les entretiens de Confucius : compilations des paroles et des enseignements ils, traitent de la morale et de l’éthique personnel, des relations sociales et gouvernementales.
    Objectifs: étudier les principes fondamentaux de la morale et de la conduite mettant l’accent sur les relations hiérarchiques, la piété filiale et l’importance de l’éducation et de. l’étude continue.
  2. Le grand apprentissage : il s’agit de textes traitant de l’auto-culture et du perfectionnement personnel afin d’atteindre une harmonie personnelle et sociale.
    Objectifs: enseigner à l’individu comment cultiver ses talents et ses capacités pour servir efficacement dans la société en général.
  3. La doctrine de la voie médiane : précise les principes d’équilibre et d’harmonie dans toutes les actions et relations humaines. L’objectif étant de maintenir l’équilibre entre les extrêmes afin de parvenir à une vie vertueuse et harmonieuse.
  4. Les analectes de Nencius : compilations de textes d’un disciple de Confucius qui explorent la Nature, la Justice sociale et le rôle du gouvernement dans la promotion du bien-être du peuple.
    Il offre des conseils pratiques sur la manière de gouverner avec bienveillance et éthique sur la responsabilité des dirigeants envers leurs sujets.

Les cinq classiques:

  1. Les documents classiques sont constitués par une collection de documents historiques, politiques et rituels de la Chine antique : présentation d’exemples de vertus politiques et sociales, fournissant des modèles de gouvernance sages et efficaces et des exemples de bonne pratique pour guider les dirigeants dans leurs décisions et leurs actions.
  2. Le livre des chants: Anthologie de poèmes anciens souvent utiliser pour exprimer des émotions personnelles ou collectives ainsi que des valeurs morales et culturelles. Son objectif est d’éveiller la sensibilité esthétique et émotionnelle des élites mais, également, enseigner la loyauté, l’amour et la beauté.
  3. Le livre des rites: traite des rituels et des cérémonies de la vie quotidienne des normes de comportement social, les cérémonies sacrées et rituels de cour. son objectif est de rappeler les codes de conduite, maintenir l’ordre et l’harmonie dans la société en soulignant l’importance du respect des traditions et des rituels.
  4. Les annales des printemps et des automnes: fournit des leçons sur la gouvernance et l’éthique politique son objectif est l’enseignement de l’histoire politique morales, les principes de bonne gouvernance et les conséquences de l’irresponsabilité politique.
  5. Le livre des mutations: permet d’interpréter les changements dans la nature et dans la vie humaine ainsi que pour guider les décisions. son objectif est d’éclairer sur les cycles naturels et les dynamiques humaines, permettre aux élites de comprendre les forces qui façonnent le monde et aider les élites de prendre des décisions éclairées.

Les quatre livres et les cinq classiques forment le le chœur de la pensée confucéenne et ont servi de base à la formation des « lettrés » .

Les élèves apprenaient à lire, à écrire et à analyser les textes anciens. Après avoir été mémorisés, ils étaient récités des passages importants.
Outre la philosophie et les rituels, étaient enseignées l’histoire et la littérature.


A qui était destiné cet enseignement?
Les fils des élites vietnamiennes, aux familles qui avaient les moyens financiers suffisants pour inscrire leurs enfants dans ces écoles locales.
Les filles n’avaient pas accès à ce type d’enseignement. Leur formation se limitait aux compétences domestiques et sociales.

Les diplômes:
Il était compté neuf degrés de mandarinat.
Le grade le moins élevé : « Tú Tài » (bachelier) n’était qu’un admissible aux concours suivants, mais pouvait entrer dans les cadres du Mandarinat honorifique, ce qui permettait de devenir Notable dans le village et de briguer une charge dans la magistrature communale.
Les « licenciés » pouvaient se voir confier une direction de préfecture avant de pouvoir postuler après un autre concours triennal, au titre de « Docteur ».
Le titre de docteur « Tàm Hoa » , donnait droit à des postes de « gouverneur » ou de « censeur ».

Cette classe dirigeante bénéficiait de nombreux privilèges, tels que exemption d’impôts.
Lorsque les anciens lauréats des concours triennaux voulurent s’initier à la langue française et aux sciences occidentales pour prendre une « part plus active à l’Administration, des différences considérables de « méthode et de raisonnement, outre leur âge très avancé, ne leur « permirent plus de faire des études fructueuses.

En résumé, cet enseignement fortement enraciné dans les valeurs et traditions confucéennes ne touchait que les enfants de classe privilégié de sexe exclusivement masculin destiné à former des élites compétentes. Sa portée sociale était très restreinte.
L’obtention du diplôme confirmait le statut social et l’aptitude à servir dans l’administration impériale.
Le crédit dont jouissaient les caractères chinois,
« énergiquement défendus par les lettrés et leurs partisans, a progressivement décliné au profit du « quôc-ngu », transcription phonétique de la langue
Les transferts de compétence secondaires à l’abandon du système éducatif sous influence chinoise va déterminer des oppositions locales profondes.
« mite en caractères latins ».


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